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Co-allaitement : une pratique méconnue

Allaiter deux enfants en même temps, une pratique peu connue mais existe néanmoins dans de nombreuses sociétés.

Qu'est-ce que le co-allaitement ? 
Il s'agit d'allaiter au moins deux enfants ensemble du même âge ou d'âge différent, en tandem ou non. Le co-allaitement de jumeaux est le plus connu et accepté. Mais il est aussi possible d'allaiter simultanément des enfants d'âges différents.
 
Ce dernier cas de figure survient lorsque, la mère enceinte et allaitante, décide de ne pas sevrer son enfant et/ou que ce dernier n'a aucune envie d'arrêter l'allaitement maternel. L'aventure se poursuit alors après l'accouchement avec les deux enfants ou plus.

De nombreuses mères n'ont jamais parlé de leur co-allaitement à un professionnel de santé de peur qu'il l'incite à sevrer le plus grand ou par crainte d'être confrontées à des réactions négatives de leur entourage face à cette pratique peu connue mais pourtant bien réelle. Le co-allaitement interroge..


9 ans d'allaitement!
Voici mon expérience personnelle, l'histoire d'un allaitement sans interruption, suite aux naissances successives de mes 3 enfants. Le premier a tété seul, puis en co-allaitement.
9 ans! C'est beaucoup quand j'y pense. Avant d'être mère, je n'avais jamais envisagé d'allaiter aussi longtemps ou de pratiquer le co-allaitement. Et pourtant... la situation s'est imposée d'elle même et le plus naturellement du monde, poussée par une intime conviction.

Mon premier enfant avait plus d'un an, il marchait et exprimait par la parole son envie de téter.
J'ai alors commencé à me sentir différente, un ressenti alimenté par le regard des autres. J'allaitais régulièrement à l'extérieur de la maison mais les réflexions se faisaient parfois oppressantes. J'ai eu alors l'envie de rencontrer d'autres parents vivant la même situation, je me suis tournée vers une association de soutien à l'allaitement maternel. Ainsi, j'ai pu partager l'expérience de mon allaitement long.
 
Les mois passèrent, mon enfant allaité avait maintenant deux ans et j'apprenais que j'étais enceinte! Des sensations désagréables, voire des douleurs lors des tétées sont survenues surtout les premiers mois de grossesse. Plus mon ventre s'arrondissait, plus mon lait se tarissait et changeait de composition pour tendre vers du colostrum, donnant ainsi un goût salé. Malgré ces transformations l'envie de continuer l'aventure lactée était présente autant du côté de mon fils que du mien. L'alimentation de mon enfant était diversifiée depuis bien longtemps, cette diminution de lait n'était donc pas gênante. De mon côté, je ne ressentais aucune contraction, ni de fatigue particulière.

C'est ainsi que l'idée d'un co-allaitement se profila...

Pendant la phase de travail lors de mon accouchement, mon ainé téta et déclencha d'intenses contractions. Ce fut le seul moment où je ressentis des contractions en corrélation avec mon allaitement. Son petit frère arriva au monde, bien potelé, un beau bébé de 4kg500! En effet, allaiter enceinte ne prive pas le foetus des nutriments indispensables, si la mère se nourrit correctement.

Mon ainé avait déjà 2 ans et demi d'allaitement derrière lui quand il commença à partager mon lait avec son frère. Lors des montées de lait des premiers jours après la naissance, les petits problèmes d'engorgements étaient rapidement soulager grâce à mon enfant. C'était aussi de nombreux moments magiques et de connivences lorsque je les allaitais ensemble. Ils se regardaient, se tenaient la main. Cependant, il m'arrivait régulièrement de les allaiter séparément. De part leur âge différent, mon bébé avait des tétées bien plus nombreuses que son grand frère. Aussi dans les premiers mois, j'allaitais toujours mon bébé en priorité, afin qu'il bénéficie de tous les nutriments, différents en début et fin de tétée. J'alternais également les seins et les tétées entre mes 2 enfants. Tout se passait très bien, à part une ou deux diarrhées sans gravité, survenues chez le plus grand lorsque le colostrum était très présent dans mon lait.

Après avoir co-allaité une première fois pendant 1 an et demi, j'ai continué l'allaitement uniquement avec mon second enfant jusqu'à ses deux ans et demi. Puis une troisième grossesse apparut .. J'ai poursuivi l'allaitement enceinte puis pratiqué le co-l'allaitement une seconde fois avec mon troisième enfant. De nouveau j'ai donné naissance à un bébé bien portant et pratiqué le co-allaitement sans souci. Je garde un excellent souvenir de cette longue période malgré de nombreuses remarques parfois désobligeantes, essentiellement dues à des idées reçues.

Allaiter enceinte, est ce dangereux ?
Concernant les fausses couches
, peu d'études sont étayées sur ce sujet. Selon ses expériences issues du terrain, la Leche League (LLL) n'a pas observé d'augmentation de fausses couches dues à cette pratique. Cependant la stimulation des mamelons sécrète une hormone appelé ocytocine, et peut provoquer des contractions utérines. Seul le corps médical peut vous conseiller en fonction de vos antécédents médicaux. A noter que les relations sexuelles peuvent induire elles-aussi des contractions utérines. Elles sont sans risques si la grossesse se passe bien. Selon la LLL, allaiter enceinte n'a pas d'incidence sur le fœtus, que ce soit sur son poids ou son développement si la mère se nourrit correctement et se repose.


Petits désagréments pour grand bonheur
Vers le milieu de la grossesse, certains enfants se sèvrent car le lait change de goût suite à l'apparition du colostrum et le volume diminue significativement. Lorsque l'allaitement se poursuit, il est possible que les mamelons deviennent douloureux. La mère peut ressentir des sentiments contradictoires et ambivalents face à son aîné car la grossesse incite à se centrer sur le bébé à venir.

53% à 69% des enfants allaités en début de  grossesse seront sevrés avant l'accouchement à l'initiative de l'enfant ou de la mère.


L'allaitement joue un rôle important dans la relation mère - enfant. C'est une joie pour les mères qui font le choix de co-allaiter de pouvoir répondre aux besoins de l'aîné et de garder une relation de grande proximité avec lui grâce aux tétées. C'est également un plaisir que de favoriser une complicité entre le bébé et l'enfant allaité. Par ailleurs, l'engorgement est vite évincé avec l'aide du plus grand.

L'allaitement peut se continuer le plus naturellement possible  pour le plaisir de l'enfant et de la mère. le choix du sevrage reste très personnel en fonction des ressentis et des impératifs quotidiens.



En cas de co-allaitement, il y aura toujours assez de lait pour le nouveau-né ou l'enfant car la production de lait s'accorde en fonction de l'offre et de la demande.
Néanmoins, il est préférable de privilégier les tétées du nourrisson afin qu'il bénéficie de tous les nutriments essentiels (différents en début et fin de tétées).


NB: mon expérience personnelle est unique, la vôtre peut être différente. En cas de doute ou de problème de santé, rapprochez-vous des professionnels de la santé.


Sources :analyse,  LLL, pediatrics, popline-analysis of the breastfeeding, Breastfeeding during Pregnancy


Dernière modification le jeudi, 21 mars 2019 08:23
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Fanny bio-logiquement maman

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